Par arrêté, le maire s’attaque à l’usage des pesticides

Interpellé par des riverains inquiets de la proximité de leur propriété avec un champ régulièrement traité avec des produits phytopharmaceutiques, le maire Jean-Pierre Hocquet entend mieux encadrer la chose. Une initiative qui, ailleurs en France, a déjà fait flop. Mais…
L’idée, à travers cet arrêté, est notamment d’instaurer une distance de 50 mètres entre les habitations sur laquelle toute pulvérisation d’insecticides est bannie.  Photo ER /Sébastien MICHAUX Photo HD L’idée, à travers cet arrêté, est notamment d’instaurer une distance de 50 mètres entre les habitations sur laquelle toute pulvérisation d’insecticides est bannie.  Photo ER /Sébastien MICHAUX

Avant, ils côtoyaient des vaches. Mais depuis 2017, l’élevage a fait place aux plantations. Colza et maïs cette année. « Nous, on ne veut pas de polémique, on veut juste respirer ». Pour Jeanine et Michel Galzot, le changement d’usage de la parcelle agricole attenant à leur propriété de Mandeure, à quelques centaines de mètres du Doubs, dégagerait des relents toxiques. En cause : les épandages de produits phytopharmaceutiques. Insecticide, engrais, mais pas de glyphosate assure l’agriculteur, qui se défend d’utiliser des produits qui bénéficient d’autorisation de mise sur le marché.

La création d’une « Zone tampon »

« Quant à la distance entre les propriétés et les plantations, le règlement départemental en impose une uniquement dans le cas d’effluents d’élevage », insiste Nicolas Emont. Sauf que le maire, saisi par les riverains qui n’osent plus consommer la production de leur potager compte tenu de cet état de fait, vient d’imposer, par arrêté, « une zone tampon de protection des habitations de 50 mètres », zone dans laquelle la culture est certes possible mais pas l’épandage de produits.

« Mais ce n’est pas tout », poursuit Jean-Pierre Hocquet, « car cet agriculteur pulvérise sur la base d’un relevé météo d’une station à Montbéliard. Or, les conditions locales peuvent différer, de sorte à ne plus respecter la vitesse maximale du vent : moins de 19 km/h ».

L’arrêté sera attaqué

Jean-Pierre Hocquet n’est pas le premier édile à vouloir mieux encadrer le recours aux pesticides. Et quelques-uns, déjà, ont essuyé des échecs. « L’arrêté sera cassé », pronostique même l’agriculteur à qui seront notifiées, ce mercredi, les nouvelles règles auxquelles il devrait se plier sous peine de procès-verbal. Sauf qu’un arrêt du conseil d’État en date du 26 juin vient rebattre les cartes en faveur des défenseurs de l’environnement. Et voilà qui pourrait faire jurisprudence. « Les procédures portaient sur l’ensemble d’un territoire. Or, il est contestable de prendre une interdiction générale et absolue de la sorte. Pour contourner l’écueil juridique, notre arrêté cible des situations précises ». Autrement dit, des secteurs bien particuliers. « On s’attend à une réplique de la FDSEA », avance le maire, lequel ne se fait pas d’illusion sur l’attaque en règle, par le syndicat agricole majoritaire, que devrait subir son arrêté. Y résistera-t-il ?

Sébastien MICHAUX

réactions ; michel.demangeon 18.07.2019 | 17h39 Zone tampon

J'ai l'exemple de mon frère qui habite sur Audincourt dans le secteur des cantons, un champs de culture type colza existant depuis des années et directement mitoyen de son potager, simplement séparé par un petit muret. L'année dernière sans jamais avoir été malade et ayant eu une vie des plus saine elle est décédée en 4 semaines de 3 cancers. Nous nous posons à ce jour beaucoup de questions par rapport au sujet abordé et la proximité de la culture et des éventuels pesticides qui auraient pu être employés.

Arioviste 17.07.2019 | 15h26

Une initiative que devrait prendre tous les maires ruraux, afin de peser dans le débat et obliger le législateur à prendre enfin en compte la santé publique !

Car il est désormais reconnu que l'air respiré par les propriétaires d'habitations à proximité des cultures est autrement plus nocif que celui des villes, tant il est chargé en molécules émises par les épandages d'engrais et pesticides !

Malheurseusement, la plupart des maires de nos communes n'ont pas le courage d'affronter leurs agriculteurs, pour un sujet pourtant vital !

Rédigé par Édouard le - Classé dans : l'eau - Mots clés : aucun

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